Prix des Carburants ?

Prix de l’essence : trois mois de chute pour les carburants… Et maintenant ?

Depuis le début de l’année, les prix du sans-plomb et du gazole à la pompe se sont contractés de 20 %. Entrons-nous dans l’ère du carburant moins cher ?

Début janvier, un litre de gazole coutait en moyenne 1,50 euro en France. Mi-avril, il était facturé 1,22 euro. En trois mois, le prix du carburant a chuté en réaction à la crise suscitée par la pandémie liée à la propagation du Covid19, mais aussi en raison des désaccords entre les pays producteurs de pétrole sur la réaction à adopter (voir frise ci-dessous). Un arrangement est finalement conclu le 9 avril entre les principaux pays dépendant de l’or noir ; la production mondiale va reculer de 10 % en mai et juin. Pour eux, il y avait urgence : le cours du brut a été divisé par trois tandis que dépôts et supertankers sont pleins à craquer.


Mais la principale inconnue de l’équation demeure la demande, en raison du confinement et de ses effets sur l’économie. Avions au sol, déplacements en voiture limités, industries à l’arrêt… L’économiste Matthieu Auzanneau indiquedans les colonnes de L’Obs que « nous sommes revenus à un niveau de consommation mondiale de pétrole qui prévalait dans les années 1990, avant le grand boom de la Chine et de l’Inde ». Et à peine l’accord signé, l’Opep – qui regroupe 14 pays poids-lourd – écrit dans son rapport mensuel d’avril : « la gravité de l’effondrement devrait entraîner une contraction plus forte de la demande de pétrole ». Et celle ne redémarrera que progressivement, en même temps que l’économie. En clair, le baril à 100 dollars n’est pas pour le mois prochain.

Reste cependant une autre incertitude : la taxation. En France, comme dans la plupart des pays européens, le prix du litre est surtout lié à la fiscalité (voir schéma ci-dessous). Or, l’État finance (et va financer) de nombreux mécanismes de relance de l’économie. Chômage partiel, fond de solidarité aux entreprises, investissements dans le secteur médical… Dans les prochains mois, il pourrait être tentant d’éponger le déficit public en taxant les automobilistes à la pompe, surtout si la valeur du brut reste faible. Les plus pessimistes y verraient un frein à la reprise économique, au moment où le pouvoir d’achat des Français est menacé. Les plus optimistes y trouveront une occasion de « décarboner » nos habitudes.

=> Les prévisions économiques du gouvernement pour 2020

Le résumé des épisodes précédents

22 janvier 2020 – La Chine annonce la mise en quarantaine dès le lendemain des villes de Wuhan, Huanggang et Ezhou en raison de la propagation du Covid19.

15 février 2020 – L’Agence internationale de l’énergie annonce que la demande de pétrole pourrait reculer de 425 000 barils par jour en raison de la baisse de la consommation chinoise.

5 mars 2020 – Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dont l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Nigeria ou l’Algerie se mettent d’accord pour réduire leur production.

6 mars 2020 – La Russie – qui alignait sa politique avec celle de l’Opep depuis 2016 – refuse de réduire le débit de son robinet. En réaction, Riyad accroit sa production pour inonder le marché mondial et contrer la décision de Moscou. Les prix s’écroulent.

A partir du 9 mars – L’Italie est le premier pays européen à prendre des mesures de confinement pour l’ensemble de sa population. L’Espagne et la France suivent cet exemple dans les jours suivants.

19 mars 2020 – Le président Donald Trump indique qu’il pourrait intervenir dans la crise : les entreprises américaines produisant des hydrocarbures non-conventionnels sont dans le rouge.

Fin mars – Au cours des 10 derniers jours du mois, les ventes de carburant s’écroulent de 85 % dans les stations-service françaises.

2 avril 2020 – Le président américain Donald Trump annonce sur Twitter qu’il vient de « parler à (son) ami MBS (prince héritier) d’Arabie Saoudite, qui a parlé avec le président Poutine » et qu’ils sont d’accord sur une baisse de la production.

9 avril 2020 – Les membres de l’Opep et la Russie s’entendent pour baisser leur production de 10 millions de barils par jour, soit environ 10 % de la production mondiale.


Quelles taxes ?

En France, un litre de gazole à 1,22 euro le 10 avril, c’est…

Coût du pétrole raffiné : 24 centimes
Distribution : 17 centimes
TVA sur le produit : 8 centimes
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) : 61 centimes
TVA sur TICPE : 12 centimes

(Source : Union française des industries pétrolières / unités arrondies au centime le plus proche)






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