L'Exploit...

EXPLOIT. Il traverse Atlantique et le Pacifique en solitaire sur un mini voilier de 4 mètres !

Parti en toute discrétion du Panama le 15 mars – après avoir traversé l’Atlantique puis embouqué le célèbre canal - Yann Quenet, aventurier de 50 ans originaire de Saint-Brieuc, vient de couvrir la moitié du Pacifique en 44 jours sur un mini-voilier de 4 mètres construit de ses mains ! Yann est arrivé le 27 avril à Hiva Oa, aux Marquises, à bord de son minuscule « Baluchon ». Incroyable.

Le projet de Yann Quenet paraissait complètement déraisonnable, voire un peu fou après son chavirage il y a cinq ans lors d’une première tentative de… tour du monde sur un dériveur très légèrement plus long (de 35 centimètres), mais dont la largeur le faisait ressembler à une brique. « La première version du bateau était beaucoup trop large » 

Nous avons imaginé un petit quillard assez étroit et assez lourd, capable de se remettre tout seul à l’endroit, même rempli d’eau…


« Il s’est fait retourner comme une crêpe entre l’Espagne et le Cap-Vert. Il n’a pas pu sortir son radeau de survie et s’est retrouvé en slip sur son bateau retourné à attendre qu’un cargo réponde au déclenchement de sa balise de détresse », se souvient Jérôme

Sa première tentative avait fini « en slip sur le bateau retourné »


Heureusement, un bateau portugais était venu le récupérer en moins de 48 heures. « Mais il voulait repartir aussitôt ! C’est une vraie tête brûlée ! Je lui ai alors proposé de refaire les calculs de son premier bateau et nous nous sommes rendu compte qu’il n’était pas redressable. Donc nous avons décidé de réfléchir à un engin de 4 mètres qui puisse répondre aux critères hauturiers. Du coup nous avons imaginé un petit quillard assez étroit et assez lourd, capable de se remettre tout seul à l’endroit, même rempli d’eau. Toute une partie du pont est en moussage asymétrique, ce qui lui permet de se redresser immédiatement. Un gros travail a été réalisé cette fois sur la sécurité passive… et j’ai refait tous les calculs ! 

En pirate dans le canal de Panama

Cette fois, Yann Quenet n’est pas reparti des Côtes-d’Armor mais s’est élancé de Lanzarote (Canaries). Il voulait reprendre l’aventure à l’endroit où la précédente s’était prématurément arrêtée.

Yann a ensuite traversé l’Atlantique pour rejoindre la Guadeloupe où il est resté quelques semaines avant de finalement embouquer le canal de Panama aux pratiques douteuses pour les plaisanciers. Il témoigne : « 15 mars 2020 : je commence à en avoir ma claque du Panama : en plus de m’avoir complètement séché avec leurs tarifs pour millionnaires, c’est une galère sans nom pour avoir le check-out et la clearance permettant de sortir enfin du pays. À cause du coronavirus, les services portuaires et d’immigration ne délivrent plus rien – à moins bien sûr de lâcher un bon billet, en ce cas, un fonctionnaire emprunte le tampon du bureau et vient au bar d’à côté te faire les papiers illégaux et antidatés… en plus il faut lui payer une Corona au passage ! Je ne suis décidément vraiment pas fait pour ça, je décide de mettre les voiles en mode pirate sans autorisation advienne que pourra… »

Je slalome entre les immenses cargos, progressant tant bien que mal vers le large et la liberté

La petite taille de son bateau l’a visiblement aidé à s’exfiltrer sans encombre avant de s’élancer sur l’immense Pacifique, à bord de son voilier minuscule. « Je serre un peu les fesses quand même en quittant le mouillage, il y a la police du canal qui patrouille sans arrêt et j’aimerais bien ne pas avoir affaire à eux une nouvelle fois, j’essaie de me faire le plus petit possible – c’est pas dur, je sais –, c’est plus fort que moi mais dès que j’entends le bruit d’une vedette rapide je rentre encore plus la tête dans les épaules dans l’espoir d’être encore plus discret (c’est un peu con c’est vrai) Avec très peu de vent, je slalome entre les immenses cargos au mouillage progressant tant bien que mal vers le large et la liberté, en fin de journée, le vent et la nuit me font enfin disparaître du royaume des policiers et des bandits, adios Panama ! À nous deux le Pacifique ! », poursuit le Briochin.



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