Gestion de votre Compte

 
#nocache#

Ineos Grenadier : premières images et infos officielles

Le géant pétrochimique lance sa première voiture, sous la forme d’un authentique 4×4 inspiré par l’éternel Land Rover Defender. Les infos et le plan d’Ineos.

Après quelques pintes dans un pub anglais, on peut encore avoir des idées claires. Celle-ci a éclos dans les boiseries du Grenadier, un établissement du quartier chic de Belgravia, au coeur de Londres. Jim Ratcliffe, patron du géant pétrochimique Ineos, se désolait devant sa mousse de l’arrêt de la production du Land Rover Defender « original ». Moins de cinq ans plus tard, Ineos Automotive révèle les premières images de son 4×4, commercialisé fin 2021. Et celui-ci porte le nom du pub en question.


Grand partisan du Brexit et du gaz de schiste, propriétaire d’une équipe cycliste et d’un club de foot (l’OGC Nice), l’homme le plus riche du Royaume-Uni a investi 600 millions d’euros selon les estimations du Financial Times et remporté un procès en propriété intellectuelle contre Jaguar-Land Rover, qui voyait d’un mauvais oeil cet héritier du tout-terrain britannique, né en 1948.

Et logiquement, les premières images envoyées par la marque rappellent un certain franchisseur. « Nous voulions un design qui n’a pas besoin d’explication » assure Mark Tennant, directeur commercial de Ineos Automotive, passé notamment par le groupe Volkswagen. Lignes cubiques, essieux poutres, rapports courts, portes-à-faux réduits, carrosserie en acier, échelle arrière, portes battantes… La marque vise les amateurs de varappe automobile, les stations de ski et les professionnels qui privilégient la fonction à la forme. D’ailleurs, le constructeur revendique quelques astuces pratiques comme un système de fixation open source sur les flancs : « nous encourageons des entreprises extérieures ou nos clients à produire des accessoires » poursuit l’ancien directeur marketing de Bentley.

Avantage du châssis échelle : Ineos pourra proposer plusieurs longueurs et configurations, comme sur le Def… vous avez compris. Ici, la marque présente une version break et un pick-up double-cabine mais ne révèle pas (encore) de mensurations. En revanche, la griffe britannique n’a pas montré l’intérieur de son véhicule. Mais Mark Tennant prévient : « Ceci n’est pas un exercice nostalgique. Nos clients bénéficieront de tous les équipements de confort up to date. Et nous respecterons l’ensemble des normes de crash-test pour l’Europe et l’Amérique du nord ».

« Là où les piliers de l’univers 4×4 vont de plus en plus vers la catégorie des SUV, nous voulions produire un véritable outil » explique Toby Ecuyer, designer en chef de la marque. Signe particulier : il dessinait auparavant des yachts. Quant au patron de la marque, Dirk Heilmann, il travaille depuis 20 ans pour le groupe chimique de Ratcliffe.

Moteurs BMW

En revanche, Ineos a fait confiance à des fournisseurs bien connus dans l’univers automobile. Sous le capot, on trouvera ainsi des 6-cylindres en ligne BMW, voisins de ceux proposés sur les X5 et X6. Les blocs 3-litre essence bi-turbo et 3-litres turbodiesel sont ainsi les choix les plus probables… Ces motorisations, données respectivement pour 340 et 265 chevaux sur le SUV coupé à l’hélice seront retravaillées avant de trouver leur place à l’avant du Grenadier. La priorité sera donnée au couple.

A la grande déception des puristes, seule une boîte de vitesse automatique ZF paraîtra au catalogue. Pas d’hybridation en vue non plus, ni de version électrique. Le constructeur évoque cependant son intérêt à long terme pour la pile à combustible. Qu’Ineos travaille sur les moteurs à hydrogène n’est pas une coïncidence…

Great expectations

Pour l’heure, la marque n’a pas communiqué de tarif pour son Grenadier. « Nous n’allons pas nous battre avec les pick-ups fabriqués à des millions d’exemplaires dans des pays à bas coûts, précise Mark Tennant, pensant probablement au Toyota Hilux ou au Ford Ranger. Nous serons placés au-dessus de ces modèles, mais nous n’attendrons pas les tarifs stratosphérique d’un Mercedes Classe G par exemple ». Etant donné que le franchisseur allemand est aujourd’hui facturé 111 950 euros en entrée de gamme (sans compter les 20 000 euros de malus français), ces propos pointent vers une cible autour de 80 000 euros. Pas loin des tarifs en seconde main d’un D… dans ses dernières finitions très orientées luxe. « Notre objectif est de vendre le plus directement possible au client », indique Mark Tennant, écartant la mise en place d’un réseau physique en Europe.

La marque pourra compter sur l’assistance de Magna Steyr. Grande spécialiste du 4×4, l’entreprise de Graz (Autriche) fabrique également le Classe G. Elle a ici assisté Ineos dans le conception du châssis et des suspensions. Mais aussi sur l’industrialisation : l’entreprise produit déjà des dizaines de milliers de véhicules pour le compte de géants automobiles : Jaguar I-PaceBMW Série 5 ou Toyota Supra

A terme, Ineos compte produire 25 000 véhicules par an dans son usine située à Bridgend, au Pays-de-Galles. Le constructeur prévoit de recruter jusqu’à 500 salariés. Cette ville située à 30 kilomètres à l’ouest de Cardiff a récemment subi un coup dur avec la fermeture progressive d’une usine de moteurs Ford. Ironie du sort : Land Rover appartenait dans les années 1990 à l’ovale bleu.