Essai Skoda Scala

 Qu’a Scala de plus ?

La berline compacte « Scala » débarque au sein d’une catégorie où la concurrence ne manque pas. Mais elle y joue crânement sa chance.

La Skoda Scala est une voiture d’exception. Voire innovante. Non, vous ne voyez pas ? C’est un tout nouveau modèle sans que ce soit pour autant un SUV. Alléluia ! Par les temps qui courent, c’est assez remarquable. Ce n’est donc pas un engin haut perché, qui roule des mécaniques, mais une humble berline compacte.

Enfin, celle qui succède à la Rapid Spaceback sans vraiment la remplacer s’étire tout de même sur 4,36 m de long. Comme une Renault Mégane ou une Ford Focus. Sauf qu’ici, ça se voit un peu plus. A l’extérieur, par un design assez sage. Mais surtout à bord. 

Le coffre est immense. Avec 467 litres avant que la banquette arrière fractionnable ne soit rabattue, la soute à bagages s’approche de celle d’une Honda Civic qui, elle, n’est plus franchement une compacte. Et les places arrière sont quasi dignes d’une limousine. A condition néanmoins de faire abstraction du sort réservé à celui ou celle qui devra s’installer au centre, sérieusement importuné par un tunnel de servitude proéminent.

En tant que berline, la Scala prend autant soin de son conducteur que de ses passagers. La position du siège et du volant s’ajuste au millimètre, les commandes sont douces, agréables à manier et faciles à trouver car bien organisées. La lisibilité de l’instrumentation profite d’un combiné intégralement numérique en série sur la finition haute Style et d’une grande interface multimédia connectée dont l’écran tactile dépasse les 9 pouces de diagonale. Certains regretteront peut-être l’absence de commande déportée afin d’éviter de fixer l’affichage plutôt que la route en navigant dans les différents menus.

La mécanique entretient cette sensation d’évoluer en terrain connu en quelques instants. Comme souvent dans le groupe Volkswagen, opter pour une version essence telle que celle ici à l’essai reste le meilleur moyen de ne pas se tromper. Moteur le plus puissant au catalogue, le 1.5 TSI de 150 ch se montre sous son meilleur jour. Souple, silencieux, tonique.

D’autant plus en présence de la boîte robotisée à double embrayage DSG. Une transmission à 7 rapports, facturée 1 500 € en moyenne sur l’ensemble des motorisations, à l’exception du petit 1.0 TSI de 95 ch d’entrée de gamme, uniquement disponible avec une boîte mécanique.

Le comportement, hélas, s’avère beaucoup moins transcendant. A la différence d’une Peugeot 308 notamment, la tchèque ne dévoile pas d’appétence particulière pour les trajectoires bien taillées. Ni la même contenance que ses cousines VW Golf et Seat Leon.

Logique puisque techniquement, la Scala s’approche davantage des plus petites (et plus abordables) Polo et Ibiza auxquelles elle reprend leur plate-forme modulaire MQB A0. Agréablement légère en ville, la direction n’atteint jamais une consistance satisfaisante sur route. Et l’amortissement peine à brider les mouvements de caisse quand le rythme s’accélère tout en laissant échapper quelques trépidations sur les bosses.

Skoda donne bien accès à une suspension pilotée en option (420 €).Mais pas aussi sophistiquée que celle adaptative dont s’équipe les autres compactes du groupe, elle se contente d’amortisseurs offrant simplement deux tarages différents (Normal et Sport) sans qu’aucun n’apporte de réel bienfait sur le confort ou le tempérament routier.

Ce qui ne remet pas en question la sûreté de cette voiture moderne, équipée sur toutes ses versions du régulateur-limiteur de vitesse, du freinage d’urgence semi-autonome et du maintien dans la voie de circulation.

Si la dotation ne souffre guère la critique, l’ambiance à bord n’a rien de très glamour à cause de l’omniprésence de matériaux sombres, d’un aspect pas toujours très flatteur. Les apparences ne sont pas la priorité de la Scala.A la différence du tarif. Pour faire simple, si vous déboursez la même somme que pour une Golf, vous accéderez à un niveau de motorisation et de finition supérieur. Mais ça, une Ford Focus n’est pas loin d’en promettre autant…

Notre verdict

Moderne, la Scala n’a pas à rougir face aux références établies. Sauf de son tarif qui gagnerait à être encore plus attractif.

On aime

  • Douceur de conduite

  • Brio moteur-boîte

  • Habitabilité

On aime moins

  • Comportement placide

  • Ambiance à bord austère

  • Intérêt économique un rien décevant



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