Éditorial Merci VW !

L'Amérique n'aime pas les tricheurs. Au pays du meilleur et du pire, du port d'arme autorisé et des excès de vitesse sévèrement réprimés, de la pudibonderie et de la pornographie pareillement adulés, on ne plaisante pas avec ceux qui sortent des clous, aussi larges soient-ils. Les poursuites entreprises auprès des instances de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) l'ont récemment rappelé : justiciers dans l'âme, shérifs par nature, les États-Unis savent, mieux que personne, frapper les baronnies, s'attaquer aux nantis, faire vaciller l'ordre établi. Volkswagen va l'apprendre à ses dépends.

Soyons honnêtes... Vous aviez tous constaté, depuis longtemps, que vos consommations réelles étaient bien supérieures à celles annoncées par le constructeur, rendant nuls et non avenus les cycles d'homologation.

C'est ce qu'on appelle un secret de polichinelle, un peu comme celui qui consiste à laisser croire qu'une paire de jumelles dissimulée le long d'une autoroute déserte sert à la sécurité. Nul n'était dupe de la tromperie. Elle ne choquait personne, pas même les Américains. Dans un excès de zèle, la marque allemande a voulu pousser le bouchon plus loin, se rendre encore plus vert que vert aux yeux de la nation la plus hostile au diesel et la moins ouverte à la concurrence étrangère. 

C'est loupé... Pour autant, la planète pourrait sortir préservée de cette triste affaire. Car si les concepteurs du Tdi ont triché, c'est parce qu'il n'a jamais été aussi complexe et coûteux de dépolluer un moteur fonctionnant au gazole.

Or, si l'acharnement des constructeurs pour y parvenir vire, au fil des normes, à l'absurde, il n'est rien comparé à celui que va mettre, à présent, la justice américaine pour sceller le sort du diesel. Et rien que pour cela, on peut d'ores et déjà adresser un grand merci à VW...



Bon Natale !

Gilles HILLION


Partagez cette page avec un ami

Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer cette page à un ami
Son adresse e-mail
Votre adresse e-mail

Voir aussi