Contrôle technique : de la difficulté de mesurer Nox et particules

Le contrôle technique devrait s'attacher à mesurer deux nouvelles émissions dès 2017. Si une solution émerge pour les oxydes d'azote, il n'en va pas de même pour les particules...

Quel protocole mettre en place avec quel matériel ? La loi de transition énergétique promulguée l'été dernier promet un contrôle technique périodique renforcé, surtout en ce qui concerne les véhicules diesels. L'Etat souhaite que soient mesurées les émissions d'oxydes d'azote (Nox), et de particules. Mais la loi ne précise en aucune manière comment s'y prendre, et renvoie à un décret... qui devrait être publié avant la fin de l'année 2015, selon la ministre concernée.

Le problème est le suivant : le contrôle technique demeure un exercice "rapide", et les patrons de centres ne peuvent investir des sommes astronomiques dans des machines très perfectionnées. Or, il apparait que pour mesurer finement et fidèlement les émissions de Nox, il faut effectuer la mesure "en charge", c'est à dire avec la voiture roulant sur un banc de puissance. Un investissement irréaliste pour les 6215 centres existants en France.

Une autre solution est donc en train de se dessiner. Elle consisterait à équiper d'un capteur Nox les actuels opacimètres. Lors de la mesure d'opacité, le système enregistrerait les émissions de Nox. Parallèlement à cela, il conviendrait que le contrôleur se branche sur la prise OBD, de manière à contrôler notamment le remplissage moteur (airflow). Si les données varient de manière cohérente à l'OBD et au pot dans le cadre lors d'une accélération libre, il y a tout lieu de penser que le système EGR s'ouvre et se ferme correctement. Donc, la dépollution en Nox du véhicule est fonctionnelle, et peu importe la valeur de mesure observée !

Pour ce qui est des particules en revanche, l'affaire est plus complexe. Plusieurs sources ont indiqué à L'argus que la méthode rapide et reproductible n'existait pas encore à l'heure actuelle. Mesurer les particules supposerait l'utilisation d'un "laser scatering", un appareil perfectionné et surtout extrêmement complexe à étalonner. Or, sans étalonnage précis, point de contrôle technique incontestable... L'Allemagne aurait refermé le dossier après l'avoir étudié sous tous les angles. 

Toutefois, l'actuelle norme qui régit l'opacité des fumées de diesel va évoluer en fin d'année, pour une mise en application sans doute fin 2016. Les valeurs seuils devraient dégringoler, tandis que l'accélération effectuée par le contrôleur devrait être réalisée en 2 secondes environ. Les fumées les plus noires (donc chargées en particules) devraient donc enfin être sanctionnées par ce biais, tandis que les contrôleurs peu scrupuleux auront bien plus de mal à contourner la procédure pour faire en sorte que le véhicule soit conforme.

Cela suffira t-il à contenter l'Etat dans sa volonté de contrôle renforcé sur les particules pour 2017?

Partagez cette page avec un ami

Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer cette page à un ami
Son adresse e-mail
Votre adresse e-mail

Voir aussi