Bon Anniversaire !

Le Range Rover a 50 ans !


Considéré comme le plus emblématique des 4×4, le Range Rover souffle, cette année, ses cinquante bougies. L’occasion de d’évoquer quelques rencontres avec les trois précédentes générations.


« Tu comprends, s’il nous arrive quelque chose de grave, il est important que tu saches conduire pour nous emmener quelque part, ou, on ne sait jamais, pour fuir ! ». Du haut de mes 11 ans, le discours de mon père me semblait aussi inquiétant qu’amusant. Après un démarrage chaotique, j’avais néanmoins saisi les rudiments de la conduite automobile. Au point qu’à 16 ans, dans une immense propriété privée gérée par un ami de mon père, je pouvais rouler à loisir au volant de la voiture de “fonction” du gardien des lieux.


Il s’agissait d’un Range Classic blanc, trois portes, dont le V8 3.5 litres “carbu” de 135 ch était associé à une boîte manuelle à quatre rapports.Impressionnant par sa hauteur (1,78 m), moins par sa longueur (4,47 m), le Range présentait un habitacle pourvu d’énormes sièges à ceintures de sécurité intégrées et un immense levier de vitesses en forme de tige, lesquels m’effrayaient avant même que je ne m’installe derrière le volant trois branches caractérisant les premières versions. Irrémédiablement séduit par les borborygmes du gros 8-cylindres, j’enfonçais la pédale de gauche avec une aisance incroyable pour enclencher le premier rapport, tout en douceur. Doté de la direction assistée, le 4×4 britannique se maniait alors comme la Peugeot 405 de mon père, évoluant, sur le troisième rapport, à la vitesse d’un jogger fatigué, bercé par le feulement de ce bloc né Chrysler dans les années 1950.

C’est ce même moteur profondément revu, aux cylindrée et puissance en nette hausse, que j’ai retrouvé, fin 1994, sur la deuxième génération, dénommée P38A. Il équipait alors un Range Rover 4.6 HSE gris anthracite. Sa particularité : à peine arrivé à Auto Moto, il est la première voiture que j’ai déplacée, sans vraiment la conduire. Deux éléments m’ont frappé d’emblée. L’imposante longueur de la “bête” (4,71 m) et le luxe de l’habitacle, alliant cuir, bois, sièges électriques et chauffants, radio-CD et toit ouvrant. Un must au milieu des années 1990. Tout comme sa consommation record d’environ 20 l/100 km, relevée par notre Monsieur Mesures de l’époque, Bruno Servant, basé à Montlhéry ! Lequel ne manquait néanmoins pas d’en saluer aussi les performances, dont un “joli” 195 chrono en pointe, et le confort, fabuleux. Deuxième série d’une grande lignée, le P38A gagnait en luxe et s’affichait alors à un tarif de plus en plus élevé.

En 2002, il cède sa place à un tout nouveau modèle élaboré par BMW, alors que Ford a racheté l’enseigne britannique en 2000. Répondant au nom de code L322, digne d’une opération d’espionnage du MI6, cette génération de Range fait preuve d’un embonpoint certain (4,95 m de long), peu en phase avec la conduite urbaine. Ses tarifs s’envolent, mais l’espace à bord, le luxe et les équipements en font l’acteur incontournable des 4×4 de luxe. Sous le capot, le 6-cylindres turbo-diesel, franchement à la peine, s’efface au profit du V8 4.4 litres 286 ch d’origine BMW de la première phase. Les performances et l’agrément sont au rendez-vous, témoin ce très rapide trajet Paris-Orly, alors que mes camarades et moi étions en retard… Quelques temps après, sa majesté Range se voit greffer un tout nouveau V8 diesel (3.6 litres, 272 ch) sous le capot. Lors des essais en Espagne, après une âpre séance de tout-terrain que peu de propriétaires lui infligeront, l’icône britannique nous “promène” sur l’autoroute, à… 210 km/h. Mon confrère et moi sommes alors bluffés par la capacité de cet engin à évoluer avec autant d’aisance sur des terrains aussi opposés. C’est d’ailleurs une condition inscrite dans le cahier des charges depuis cinquante ans. Et elle le reste. 

Bon anniversaire vieux !






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